Deux fois par semaine – Christine Orban

Mais je ne suis pas folle. – Non, mais la vie l’est parfois, vous aurez besoin d’aide pour lui résister.

Les premiers mots

– Asseyez-vous, dit-il.
Tout tourne autour de moi.
J’ai vingt ans.
Cent ans, parfois.
Une vie commencée par la fin.
Je suis jeune, mais qu’est-ce que la jeunesse quand on a perdu l’innocence?

Dès les premiers mots, j’ai été touchée par cette narratrice à fleur de peau. Celle-ci se rend chez un psychiatre sur les conseils de son gynécologue. Elle doit être aidée mais elle n’arrive pas encore à mettre des mots sur sa douleur. Son interlocuteur joue le rôle qui lui est assigné: la pousser à parler mais il faut que ça vienne d’elle. Il ne peut pas l’obliger.  

Deux fois par semaine, elle s’allonge et espère être guérie.

– Je suis fâchée avec les mots. Les mots d’un médecin m’ont condamnée, je ne vois pas comment les vôtres peuvent me ressusciter.

Elle va devoir faire face, tout bientôt, à une perte terrible et elle se sent attirée vers le fond. Tout au long de ce petit récit, sans beaucoup de dialogues, on assiste à la prise de parole de cette jeune femme. Elle essaie de  dire le mal qui la ronge. Elle nous fait part aussi de ses réflexions sur le comportement de ce psy, H.T.R et de ses débuts dans sa psychanalyse.

Si je vous parle et que vous parveniez à me guérir, ce sera pour vivre quoi ?

Si vous voulez lire un livre sur le deuil, sur le manque, ce n’est pas celui-ci qu’il vous faut. Ce livre se concentre sur un début de relation entre un psy et sa patiente. L’auteure nous fait vivre les séances sans entrer dans les détails de la vie de la narratrice. Celle-ci raconte « juste » ses rendez-vous et ce qu’elle ressent au moment-même. Et malgré le manque d’informations, j’ai trouvé ce roman très juste. J’ai aimé qu’il se centre sur les difficultés que les patients ont de nouer une confiance avec leur psy. Ce n’est pas toujours facile et ça demande un lâcher prise que la narratrice n’a pas encore acquis.

Les phrases de cette jeune femme ont raisonné en moi, sa difficulté de vivre m’a émue et je remercie Christine Orban d’avoir joué le jeu de la pudeur, surtout pour un roman autobiographique. «  Entendre une phrase qui sonne juste, c’est voir son âme dans un miroir. »

Je n’ai aucune preuve. Pas même d’exister.

Encore un livre reçu il y a fort longtemps et sorti avec bonheur de ma PAL!

– Deux fois par semaine de Christine Orban, éditions Albin Michel, 2005, 192 pages – 

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