Le garçon – Marcus Malte

Et de grâce faites que le mystère perdure. L’indéchiffrable et l’indicible.

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Les premiers mots

Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas. Du moins n’est-il inscrit nulle part, sur aucun registre ni aucun acte officiel que ce soit. Pas d’avantage au fond de la mémoire d’un curé d’une quelconque paroisse. Son véritable nom. Son patronyme initial. Il n’est pas dit qu’il en ait jamais possédé un. Plus tard, au cours de l’histoire, une femme qui sera pour lui soeur, amante et mère, lui fera don du sien, auquel elle accolera en hommage le prénom d’un célèbre musicien qu’elle chérissait entre tous.

J‘avoue, je ne me sentais pas assez « forte » pour entamer ce récit. J’avais une certaine appréhension à me lancer à la découverte de ce jeune homme. Peur de me perdre, peur de ne pas comprendre, peur de ne rien ressentir comparé aux flots de compliments lus de part et d’autre (Moka, Jérome, Noukette, Lola…)
C’est finalement accompagnée de Laeti que je l’ai découvert. Son avis ici.

Et donc que dire ? J’ai lu des romans fleuves, des romans qui se passent sur plusieurs générations, des romans qui vous emmènent loin, au plus profond de l’être humain, et dans le genre mon préféré était « Le temps où nous chantions ».  Depuis « Le Garçon » vient de se placer à côté.

Pour résumer (ce qui en soi est un faible mot), on pourrait évoquer la naissance, on pourrait aussi songer à la découverte du Monde, on pourrait penser à l’émerveillement d’un être innocent qui se voit propulser à la face du monde. Seul. Et muet. Sa mère vient de décéder et elle ne lui a donné que peu de conseils pour survivre.  Mais un restera gravé : il faut tout brûler et partir.

C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence: nombre de ravages et quelques ravissements.

Il sera bientôt entouré d’individus qui lui apporteront tous une petite pierre. Tous et toutes le mettront en lumière. Il ne passera plus inaperçu. Il marquera des vies comme eux marqueront la sienne. De l’homme-chêne, à Brabek, en passant par Gazou et le bon Gustave, d’Emma à …

De simples rencontres à LA rencontre de sa vie, Le Garçon parcourt les années seul ou accompagné.

Comme s’il sentait parfois mes baisses de concentration, Marcus Malte a réussi à chaque fois à me reprendre par la main et m’accrocher à lui et surtout à son personnage. J’ai foulé les paysages, j’ai vécu la guerre, j’ai aimé avec passion et déraison.  Les plus belles pages de ce livre sont celles de la découverte de la sexualité et à contrario celles sur la guerre. La plume exquise de Malte m’a fait vibrer et trembler.

Je vais joue. Pour toi. Pour nous. Je vais jouer Mendelssohn. Toutes les muettes romances. Les tiennes. « Le départ », le « Trouble », les « Regrets », le « Bonheur perdu »… Voilà ce que je vais faire. Parce que je t’aime.

L’auteur propose une littérature intelligente qui met en exergue des moments forts dans l’Histoire et se permet d’inviter des auteurs comme Hugo ou Sade. 

J’ai été charmée d’un bout à l’autre par ces mots justes, j’ai comme une image de bulles de douceur quand je repense à mes moments de lecture en compagnie du Garçon. J’avais des craintes quant au lexique utilisé mais celles-ci se sont envolées par la beauté qui ressort de ces pages.

Mon billet est bien faible par rapport à d’autres et surtout par rapport à la force de ce roman. Je me suis sentie « petite » face à ces mots et les sensations qui s’en dégageaient.

Je suis heureuse d’avoir partagé ce moment de lecture puissant et sublime avec Laeti. (Et quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière lecture qui nous bouleversera).

Les habitudes sont tenaces mais on n’est pas obligé de vivre, on peut se contenter d’être en vie.

– Le Garçon de Marcus Malte, Editions Zulma, 2016, 544 pages –

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27 réflexions sur “Le garçon – Marcus Malte

  1. Laeti dit :

    Mais ton billet est splendide et on sent qu’il vient du cœur! Je retrouve beaucoup de sensations vécues. Je suis vraiment heureuse d’avoir partagé cette lecture avec toi et qu’on ait été sur la même longueur d’onde, car avec un tel roman, on a cet empressement de vouloir en parler, d’en discuter! Ah oui notre prochaine LC risque d’être très forte aussi 🙂 Je vais lire ton billet sur Le temps où nous chantions mais ouff plus de 1.000 pages 😮

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  2. Mokamilla dit :

    Voilà, je crois qu’on est tous tout petits face à un roman comme celui-ci. Et tu sais dire combien il touche ses lecteurs. C’est là le plus important. Et ta référence « Le temps où nous chantions » m’intrigue d’autant plus… ^^

    Aimé par 1 personne

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