Contrecoups – Nathan Filer 

Je n’ai pas de double personnalité. Je ne suis pas deux personnes différentes. Je suis moi-même, celui que j’ai toujours été, l’individu unique auquel je n’échapperai jamais.

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Les premiers mots

Je l’avoue, je ne suis pas quelqu’un de bien. Des fois, j’essaie, mais souvent je n’y arrive pas. Alors quand mon tour est venu de me couvrir les yeux et de compter jusqu’à cent… j’ai triché.

Matthew, 19 ans, a un serpent qui s’immisce dans sa tête. Il essaie tant bien que mal de nous livrer ses souvenirs et son présent. À nous lecteur, de remettre les pièces du puzzle. Et qu’est-ce que c’est passionnant!
Matthew souffre de la mort de son frère, décédé dix ans auparavant. On apprend assez rapidement que ce grand frère, Simon, était trisomique.

Quand il disparaît, le monde de Matthew s’effondre ainsi que celui de ses parents. Et sa maladie, la schizophrénie, va puiser dans cette souffrance. Il recherche son frère partout, il le voit dans des flammes, dans le sel, dans les bulles, dans l’espace entre les mots. Simon apparaît et Matthew perd pied, son grand frère revient pour continuer à jouer avec lui.

« On va jouer pour toujours ». 

C’est un véritable tour de force que ce roman. Il faut s’accrocher pour suivre notre Matthew, mais ça en vaut largement la peine. On passe d’une époque à l’autre sans réelle transition. De l’hôpital psychiatrique aux vacances en famille, du lycée à sa vie actuelle, le jeune homme nous transporte avec lui dans son histoire. Il nous fait rencontrer des personnages attachants, Nanny Noo avec sa dose d’amour qui enserre Matthew et le protège, Jacob, le seul ami, Susan et Richard, les parents… Cette façon de construire le roman est tout à fait juste pour comprendre comment la maladie mentale s’installe dans son esprit. Le personnage écrit son journal intime, et le parsème de dessins, de lettres, de manuscrits tapés à la machine.

On est égoïstes, ma maladie et moi. On ne pense qu’à nous. On façonne le monde qui nous entoure sous forme de messages, de murmures secrets prononcés à notre seule intention.

La force de ce roman est d’avoir construit un personnage à la fois bienveillant (séquence émotion forte avec ses lettres…) et aussi colérique, incapable de maîtriser ses émotions et oubliant les codes de politesse.

Il est impossible de rester insensible à cette histoire, il est impossible d’oublier Matthew et Simon. 

Contrecoups de Nathan Filer, Editions Michel Lafon, Collection 10/18, 2014,  334 pages – 

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12 réflexions sur “Contrecoups – Nathan Filer 

  1. maghily dit :

    Hé bien, tu n’as pas attendu longtemps pour te lancer (cf. ta photo Instagram) ! 😉

    Il me tente beaucoup ce roman (mais non, je ne me laisse pas juste attirer par une jolie couverture) et ton avis enthousiaste ne fait que renforcer mon envie de le lire.

    Depuis que tu as ouvert ce blog, ma liste d’envies ne cesse de s’agrandir… :p

    Belle journée,

    Aimé par 1 personne

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