L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan

Ecouter Adam l’émut et la déconcerta à la fois.
Apprendre le violon ou tout autre instrument de musique était un acte d’espoir, de foi en l’avenir.

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Résumé: À l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort. Les croyances religieuses de ses parents interdisant la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, les médecins s’en remettent à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona décide soudainement de se rendre à l’hôpital, auprès du garçon. Mais cette brève rencontre s’avère troublante et, indécise, la magistrate doit pourtant rendre son jugement.

Les premiers mots

Londres. Une semaine après la Pentecôte. Pluie implacable de juin. Fiona Maye, juge aux affaires familiales, un dimanche soir, chez elle, allongée sur une méridienne, regardant fixement, au-delà de ses pieds gainés par un collant, le fond de la pièce, un pan de la bibliothèque installée en retrait de la cheminée, et de l’autre côté, près d’une haute fenêtre, la minuscule lithographie de Renoir représentant une baigneuse, achetée trente ans plus tôt pour cinquante livres. Sans doute un faux.

Encore une histoire de couple qui bat de l’aile? Non. C’est bien plus que cela que nous offre Ian McEwan. Il nous offre un portrait de femme, proche de la soixantaine, magistrate spécialisée dans les affaires familiales. dont le couple se délite sérieusement. À cause de la routine, du travail, de certaines frustrations. Jack, son mari, lui lance un ultimatum : il a envie d’aller voir ailleurs pour ressentir à nouveau de la passion. Mais il l’aime sa femme, plus que tout. Dans ce marasme personnel, Fiona doit intervenir dans des affaires autrement plus délicates comme le déchirement de couples au sujet des enfants ou comme cette nouvelle affaire: un couple de témoins de Jéhovah refuse les transfusions sanguines qui pourraient sauver leur fils de dix-sept, Adam, atteint d’une leucémie.  

Fiona décide de voir ce jeune homme pour parler avec lui et prendre sa décision. Quelle est sa volonté? Est-ce ses parents qui l’incitent à refuser la transfusion ou est-ce un choix délibéré?

Elle y découvre un jeune homme intelligent, musicien (comme elle. D’ailleurs la musique a un rôle important dans le récit, ce n’est pas pour me déplaire) et un brin artiste. Leur échange décidera du sort d’Adam. Ce bref rendez-vous sera à l’origine de toute l’intrigue du roman.

– Juste pour que les choses soient claires, Adam. Vous avez bien compris que c’est à moi seule de décider ce qui est dans votre intérêt. Si je devais autoriser l’hôpital à vous transfuser  en toute légalité  contre votre gré, que penseriez-vous?

(…) Je penserai que vous vous mêlez de ce qui ne vous regarde pas, My Lady.

Le personnage de Fiona est intéressant, d’une part elle se retrouve incapable de communiquer avec son mari et d’autre part, son métier prouve qu’elle n’a pas peur d’aller à contre-courant de ce que les gens pensent. Quitte à recevoir des lettres d’insultes ou de menaces suite à une de ses décisions. Car ce qui la tient c’est de prendre la décision qui ira dans l’intérêt de l’enfant.

« Quand un tribunal se prononce sur une question relative à l’éducation d’un mineur, l’intérêt de l »enfant doit être la priorité absolue de la cour. »

Une part fragile et une part forte. C’est cet élément que j’ai le plus apprécié dans L’intérêt de l’enfant. Au fond, ses histoires de magistrate ne m’intéressaient pas tant que ça, ce que je voulais découvrir, c’était qui était cette femme, quels étaient ses rêves et ses désirs.  Ian McEwan nous fait ressentir ses interrogations et ses doutes dans une écriture qui m’a captivée de bout en bout : concise, précise et admirable.

Je n’aurais pas parié beaucoup sur une histoire de femme de 59 ans mais c’est réussi! Je l’ai dévoré!

Je connaissais un peu l’univers d’Ian McEwan grâce au livre Sur la plage de Chesil pour lequel je garde un beau souvenir. J’ai retrouvé ici son talent pour nous insuffler les réflexions intimes de ses personnages.

Il ne me reste plus qu’à lire Expiation qui est depuis trop longtemps au chaud dans ma bibliothèque.

 – L’intérêt de l’enfant de Ian McEwan, Edition Gallimard, 2015, 229 pages.- 

Hé! Ce livre est le quatrième du challenge de la coupe d’Europe des Livres!

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19 réflexions sur “L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan

  1. Laeti dit :

    Je suis ravie que tu l’aies apprécié! Ce qu’il y a de réellement passionnant, à mes yeux, dans ce roman, c’est la description des procédures, de l’ambiance de la Cour et du rôle de cette magistrate, que l’auteure réussit brillamment, et le rendant, surtout, à la portée de tous! Le sens juridique de l’intérêt de l’enfant et les conséquences sur ce genre d’affaires, est tout à fait captivant dans ce récit. Et puis, les personnages sont fabuleux, j’ai beaucoup accroché à Fiona, évidemment, mais aussi à Adam! Bref, je relirai aussi Mc Ewan 😀

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  2. celina dit :

    Pas lu celui-ci par contre j’avais beaucoup aimé « Sur la plage de Chesil » et « Expiation », passionnant de bout en bout ! Il faudra donc que je lise « L’intérêt de l’enfant », ton billet est tentateur !

    Aimé par 1 personne

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