Les foudroyés – Paul Harding 

Le monde se sépara de mon père comme lui-même se sépara de nous. Nous étions devenus son rêve.

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Résumé: Oscillant entre ombre et lumière, étendu dans son salon, George se meurt parmi les siens. Tandis que s’égrènent les dernières heures et que le monde lui échappe, autour de lui se pressent les images, visions hallucinées et souvenirs. Au fil de ce roman familial où trône la fascinante silhouette d’un père colporteur, la vie se cristallise peu à peu, victorieuse et guérie du temps.

Les premiers mots

George Washington Crosby se mit à avoir des hallucinations huit jours avant de mourir. Du lit médicalisé de location installé au centre de son salon, il vit des insectes entrer et sortir à toute vitesse par des fissures imaginaires dans le plâtre du plafond.

C’est une lecture en demi-teinte que je vous propose aujourd’hui. Je ne peux pas dire que j’ai adoré et je ne peux pas dire non plus que j’ai détesté. Je vous explique:

Tout d’abord, on rencontre George, la quatre-vingtaine, entouré de toute sa famille  qui vit ses derniers jours. Et tout doucement, nous remontons le temps comme l’a fait George durant sa vie d’horloger.

Lorsqu’il prit conscience que le silence qui l’avait tant perturbé était celui de ses horloges qu’on avait laissées s’arrêter, il comprit qu’il allait mourir dans le lit où il était allongé;

Howard, son père, était un colporteur. Avec son cheval Prince Edward, il allait de village en village, vendre des produits, des ustensiles à des bonnes femmes. Paul Harding nous emmène dans ses souvenirs et dans ses rencontres. Une m’a particulièrement plu, c’est celle de l’ermite à qui Howard a dû arracher la dent.

Lorsqu’il prit conscience que le silence qui l’avait tant perturbé était celui de ses horloges qu’on avait laissées s’arrêter, il comprit qu’il allait mourir dans le lit où il était allongé;

À la maison, l’attendaient sa femme et ses enfants, George, Joe (handicapé mental), Marjorie, Darla. Ils patientaient tous devant leur repas pour que Howard donne le bénédicité.

Cette vie de famille était malheureusement parsemée par les crises d’épilepsie de Howard. Ces crises étaient gérées d’une main de maître par sa femme qui avait la manière pour le maîtriser. Mais il a fallu qu’une fois ce soit George qui se charge de contrôler son père pour que celui-ci plante ses dents dans la chair de son aîné. Cet événement animera chez la mère de George l’envie de « se débarrasser » de ce mari malade.

Cette femme dont le destin d’épouse et de mère ne satisfait pas et qui ne ressent aucun amour pour ses enfants et son mari.

Elle ne pourrait plus se regarder dans la glace si elle se laissait à penser qu’elle traite ainsi les siens parce qu’elle ne ressent pour eux pas plus d’attachement qu’elle n’en ressent pour un tas de pierre.

Elle prend contact dans un asile de fous pour y installer son mari. Howard découvre le prospectus et décide de quitter sa famille non sans hésitation.

Nous remontons ensuite au père d’Howard. Un homme de foi qui perd la tête.

Cette histoire de famille, ces trois hommes aux destins scellés, m’a parfois profondément ennuyée et parfois totalement surprise.

La première partie du livre a été rude... je ne comprenais pas dans quel univers j’étais, j’avais des difficultés à situer le temps et les personnes. Le tout étant entremêlé d’extraits du Petit horloger raisonné du Rév. Kenner Davenport de 1783.

Ensuite, le tout s’est éclairci quand l’auteur s’est concentré sur l’histoire d’Howard.J’ai apprécié l’écriture limpide qui manquait au début, moi qui ne suis pas fan des descriptions, j’ai réellement apprécié celles de Paul Harding. Je me suis plongée dans les images de la nature très simplement.

J’aimerais le relire, là, maintenant, pour pouvoir l’apprécier à tête reposée.

Je ne dis pas non à une autre découverte de l’auteur. Electra a réussi à me convaincre de lire Enon… 🙂

– Les foudroyés de Paul Harding, Éditions 10/18 Cherche Midi, 2011, 190 pages –

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9 réflexions sur “ Les foudroyés – Paul Harding 

  1. Marie-Claude dit :

    Ouais, ben… Les personnages semblent passionnants, l’histoire aussi. C’est la construction qui pose problème? Les extraits du « Petit horloger raisonné » me font craindre l’ennui. Il y en a beaucoup?!
    Avis mitigé pour Paul Harding de ton côté, coup de coeur du côté d’Electra pour « Enon ». Il faudra bien que je me fasse mon propre avis!

    Aimé par 1 personne

    • lespagesversicolores dit :

      J’ai eu l’impression que certains passages sortaient tout droit des rêves de Georges (le fils qui se meurent) tellement ceux-ci étaient amenés de façon incongrue. Pendant une vingtaine de lignes on est avec George, puis nous « sautons » sur Howard et ainsi de suite.

      Pour les extraits, si on les regroupe ça fait peut-être 5 pages en tout (livre de poche hein!), et j’avoue que je ne les ai pas lus…

      Comme je l’ai dit, j’ai envie de continuer ma découverte de cet auteur parce que Enon me fait vraiment de l’œil mais j’espère que ce ne sera pas encore le même genre d’écriture…

      J'aime

  2. Laeti dit :

    J’avoue être naturellement attirée par les histoires familiales et par le thème des souvenirs. A mon avis, je pourrais en faire la découverte, malgré ton avis mitigé! Il est court donc je ne prends pas beaucoup de risques!

    Aimé par 1 personne

  3. Jerome dit :

    C’est un roman dense, complexe, exigeant. J’en garde un excellent souvenir mais il faut être « disponible » pour s’y plonger, on peut pas le lire à la légère. Enon est plus simple à suivre mais tout aussi excellent.

    Aimé par 1 personne

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