Les foudroyés – Paul Harding 

Le monde se sépara de mon père comme lui-même se sépara de nous. Nous étions devenus son rêve.

IMG_20160625_164513

Résumé: Oscillant entre ombre et lumière, étendu dans son salon, George se meurt parmi les siens. Tandis que s’égrènent les dernières heures et que le monde lui échappe, autour de lui se pressent les images, visions hallucinées et souvenirs. Au fil de ce roman familial où trône la fascinante silhouette d’un père colporteur, la vie se cristallise peu à peu, victorieuse et guérie du temps.

Les premiers mots

George Washington Crosby se mit à avoir des hallucinations huit jours avant de mourir. Du lit médicalisé de location installé au centre de son salon, il vit des insectes entrer et sortir à toute vitesse par des fissures imaginaires dans le plâtre du plafond.

C’est une lecture en demi-teinte que je vous propose aujourd’hui. Je ne peux pas dire que j’ai adoré et je ne peux pas dire non plus que j’ai détesté. Je vous explique: Lire la suite

Les beaux étés – 1. Cap au Sud! – Zidrou & Jordi Lafebre 

Beaucoup de gens qui ont peur, s’asseyent sur une branche et n’en bougent plus. Mais il ne faut jamais s’arrêter! Il faut continuer de grimper!

Parce que, de là-haut, la vue est tellement belle!

IMG_20160626_092000

Résumé: Août 1973. Zidrou et Lafebre nous font une place dans la 4L rouge Esterel de la famille Faldérault : entre les parents et les 4 enfants, nous voici en route vers le Midi pour de « beaux étés »! Chaque année, les mêmes rituels : Pierre, le père, rend ses planches de B.D. en retard, les chansons de vacances, l’étape pique-nique… Un mois pour oublier le quotidien, le couple qui bat de l’aile, Tante Lili malade. Des souvenirs à engranger qui font que la vie est plus belle, des moments précieux pour se rappeler l’essentiel. Cap au sud ! Lire la suite

Le temps où nous chantions – Richard Powers 

L’oiseau et le poisson peuvent tomber amoureux

Mais où construiront-ils leur nid?

IMG_20160624_055545

(On dirait bien que le livre a souffert…)

RésuméTout commence en 1939, lorsque Delia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu’une jeune femme noire épouse un juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant… Leur passion pour la musique l’emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix ou, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d’eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américaine, inventant son destin en marge des lieux communs. Peuplé de personnages d’une humanité rare, Le temps ou nous chantions couvre un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique.

Les premiers mots:

    Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer.
Mon frère Jonah se tient immobile, appuyé contre le piano. Il a juste vingt ans. Les années soixante ne font que commencer. Le pays finit de somnoler dans sa feinte innocence. Personne n’a entendu parler de Jonah Strom en dehors de notre famille – du moins ce qu’il en reste.

Il y a des livres qu’on ne peut s’empêcher d’ouvrir une fois acheté ou offert.

Il y a des livres qu’on fait patienter pendant des années dans sa bibliothèque et une fois lus, on se dit  » Pourquoi ai-je attendu autant de temps? » Lire la suite

La maladroite – Alexandre Seurat

Je voudrais me rappeler Diana, mieux que je ne peux en vrai. Je voudrais me rappeler tout ce que Diana et moi n’avons jamais fait ensemble, comme si nous l’avions fait.

IMG_20160616_212423

Résumé: Diana, 8 ans, a disparu. Ceux qui l’ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et nous dire ce qui s’est noué sous leurs yeux. Institutrices, médecins, gendarmes, assistantes sociales, grand-mère, tante et demi-frère…

Les premiers mots:

 Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard. Ce visage gonflé, je l’aurais reconnu même sans son nom – ces yeux plissés, et ce sourire étrange – visage fatigué, qui essayait de dire que tout va bien, quand il allait de soi que tout n’allait pas bien, visage me regardant sans animosité, mais sans espoir, retranché dans un lieu inaccessible, un lieu qui disait, Tu ne pourras rien, et ce jour-là j’ai su que je n’avais rien pu. 

Lire la suite

Alvin – l’héritage d’Abélard t.1– Dillies et Hautière

« Sans faire exprès », j’ai emprunté « Alvin » avant « Abélard ». Mais je pense que ces deux bandes dessinées peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre non? 🙂

IMG_20160612_102038

Résumé: Régis Hautière et Renaud Dillies signent la suite d’Abélard avec le nouveau diptyque Alvin. Son ami disparu, l’ours mal léché Gaston traîne son désespoir à New York. Mais rien à faire ! Son karma doit être d’aider les petits êtres aux mille questions ! Alvin, un jeune orphelin revêche, profitera de sa belle âme. Les voilà sur les routes, accompagnés, pour ne rien arranger, d’un prédicateur fou ! Poésie, dialogues truculents et virtuosité graphique se mêlent pour une très belle ode à la différence et à l’entraide. Lire la suite

Les Demeurées– Jeanne Benameur

La mère et la fille

sont des disjointes du monde.

IMG_20160609_194524

Résumé : La mère, La Varienne, c’est l’idiote du village. La petite, c’est Luce. Quelque chose en elle s’est arrêté. Pourtant, à deux, elles forment un bloc d’amour. Invincible. L’école menace cette fusion. L’institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l’enfant à l’ignorance, car le savoir est obligatoire. Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde ?

Les premiers mots

Des mots charriés dans les veines. Les sons se hissent, trébuchent, tombent derrière la lèvre.
Abrutie.
Les eaux usées glissent du seau, éclaboussent.
La conscience est pauvre.
La main s’essuie au tablier de toile grossière.
Abrutie.
Les mots n’ont pas lieu d’être. Ils sont.

Lire la suite

Pas assez pour faire une femme – Jeanne Benameur

La vie ça pourrait être autre chose.

Sinon j’allais crever, moi, à l’intérieur.

Résultat de recherche d'images pour "pas assez pour faire une femme"

Résumé: Quand Judith rencontre Alain, elle découvre à la fois l’amour et la conscience politique. Cette jeune fille qui a grandi en oubliant qu’elle avait un corps est parvenue de haute lutte à quitter une famille soumise à la tyrannie du père pour étudier à la ville. Alain est un meneur, il a du charisme et parle bien, il a fait Mai 68. Si elle l’aime immédiatement, c’est pour cela : les idées auxquelles il croit, qu’il défend et diffuse, qui donnent un sens au monde.
Bref et intense, ce récit est celui d’une métamorphose : portée par l’amour qu’elle donne et reçoit, Judith se découvre un corps, une voix, des opinions, des rêves. L’entrée dans le monde de la littérature, de la pensée, de l’action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu’où ?

Les premiers mots

Je suis nue.
Lui aussi. Tout près de moi.
La tête sur son coude replié il me regarde.
Tout à l’heure il a enlevé ses petites lunettes rondes cerclées de métal et j’ai aimé voir ses yeux. Son vrai regard. Comme si les yeux aussi pouvaient être nus. Tout son visage offert.
J’ai pris son visage dans mes mains et je me suis sentie transportée d’amour. Pour ce visage, ce corps, l’odeur, son épaule. Lui. Tout lui. Complètement présent pour moi. Rien que pour moi.
J’en ai tellement rêvé. Et je pensais tellement que c’était impossible.

Lire la suite

Le Rapt– Maram al-Masri

Aimer, c’est se préparer à l’abandon

IMG_20160605_104541

Résumé« Neuf mois pour qu’un coeur palpite… » Le recueil de Maram al-Masri débute par l’évocation d’une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas… D’un poème à l’autre, l’auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule: l’enfant lui est enlevé, le bonheur d’aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre.  Lire la suite