La guerre n’a pas un visage de femme– Svetlana Alexievitch 

Sur les conseils d’une amie, je me suis lancée dans le dernier prix Nobel de littérature. Et ce fût beau.

IMG_20160524_160150Résumé

La Seconde Guerre mondiale ne cessera jamais de se révéler dans toute son horreur. Derrière les faits d’armes, les atrocités du champ de bataille et les crimes monstrueux perpétrés à l’encontre des civils se cache une autre réalité. Celle de milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l’ennemi nazi.

Les premiers mots

J’écris un livre sur la guerre… Moi, qui n’ai jamais aimé lire des livres de guerre, bien qu’en mon enfance et mon adolescence ce fût la lecture préférée de tous. De tous les garçons et filles de mon âge. Et cela n’avait rien d’étonnant: nous étions les enfants de la Victoire. Les enfants des vainqueurs.

On entre dans ce livre en sachant pertinemment qu’on n’en ressortira pas indemne.

Pendant sept ans, Svetlana Alexievitch s’est consacrée à trouver des femmes qui parleraient de leur guerre.

La guerre féminine possède ses propres couleurs, ses propres odeurs, son propre éclairage et son propre espace de sentiments. Les propres mots enfin.

Celle qu’on ne raconte pas, celle qu’on oublie.

« Si on l’on considère la guerre avec nos yeux de femmes…de simples femmes, elle est plus horrible que tout ce qu’on imagine. C’est pourquoi on ne nous pose jamais de questions.

Quelques fois, les femmes parlaient, quelques fois, elles ne voulaient pas « car c’est comme un atroce cauchemar« . Svetlana Alexievitch a recueilli de façon précise et précieuse ces témoignages bouleversants sans omettre les détails. « 

On y découvre alors tout un pan de l’histoire de la Seconde Guerre parfois inconnu. L’histoire de ces femmes qui se sont engagées volontairement dans une guerre, qui pour certaines les faisait fantasmer, jusqu’à ce qu’elles arrivent sur le champ de bataille. Elles ne sont pas seulement infirmières ou cuisinières, non, elles sont aussi pilotes, brancardières, soldates, lieutenantes, etc.

L’auteure a pris le parti de ne pas évoquer les tactiques, les discussions militaires et les différentes manoeuvres. Elle voulait se consacrer aux sentiments qui ont animé ces femmes.  Elle explique les difficultés à choisir les témoignages présents dans ce livre, car pour ces milliers de femmes, c’était des guerres différentes, chacune l’a vécue différemment.

Pourquoi de si jeunes filles (dès seize ans) ont voulu aller au front? Pourquoi abandonner leur mère et parfois leurs jeunes époux pour prendre les armes? Comment vivre en tant que femmes parmi ces hommes? Comment reprendre sa vie en main après la guerre? Ces femmes tentent de l’expliquer. Et c’est troublant.

Le livre est divisé en plusieurs chapitres qui recouvrent un même thème. L’auteure intervient pour expliquer ces rencontres et laisse ensuite la place aux témoignages.IMG_20160524_164800

Ces témoignages apportent la notion de rester femme malgré tout, malgré les remontrances des commandants  » J’ai besoin de soldats et non de midinettes. Les midinettes ne survivent pas au combat ».

Et mon livre, ainsi que je m’en rends compte à présent, est un livre sur la vie, et non sur la guerre. Un livre sur le désir de vivre

Ce livre rentre dans la catégorie « Un livre d’un prix Nobel de littérature »  du Challenge littéraire 2016 de Mille vies en une.

 – La guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Alexievitch, Edition J’ai lu, 2005, 415 pages 

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