Max– Sarah Cohen-Scali 

A64389 (1)Résumé:  Max est le prototype parfait du programme «Lebensborn» initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher. Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

Les premiers mots

Je ne sais pas encore comment je vais m’appeler. Dehors, ils hésitent entre Max et Heinrich. Max, comme Max Sollmann, le directeur administratif du foyer qui va bientôt m’accueillir. Ou Heinrich, en hommage à Heinrich Himmler qui, le premier, a eu l’idée de ma conception et celle des camarades à venir.

Est-ce que les Lebensborn (fontaines de vies) ont existé? Est-ce que les SS ont kidnappé des enfants polonais parce qu’ils avaient le type aryen? Est-ce que des bébés ont été conçus pour créer un état allemand parfait? Oui, oui et oui. J’en avais entendu parler mais c’est parfois tellement inconcevable ..

Je me suis posé la question de « est-ce vraiment possible  » tout au long du livre. Sarah Cohen-Scali s’est extrêmement bien documentée sur cette période noire de l’Allemagne, les personnages ont existé (Max Sollmann, directeur administratif du Lebensborn, Docteur Ebner, médecin en chef des Lebensborn) et les faits vérifiés. Ce qui fait froid dans le dos. (Tout comme les kinderzimmer décrites dans le livre de Valentine Goby)

Ce qui est fascinant avec Max, c’est qu’on le découvre en tant que fœtus avec un langage déjà assez cru et vulgaire. Il sait très bien dans quelle condition il a été conçu et surtout quelle est la portée de cette conception.

Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Je combattrai au lieu de prier. Oh! mon Führer, je ne veux pas te décevoir!

Tout ce qui lui arrive est pris avec une distance assez effrayante. En effet, il agit en bon petit soldat lobotomisé sans aucune prise de conscience et sans regret. Son père est le Führer et sa mère la Patrie Allemande. Il intègre des écoles où l’on forme de futurs nazis, les cours donnés sont tous dirigés vers la haine des juifs.Il accepte tout cela, jusqu’à une rencontre.

Max m’a fascinée, m’a interpellée, m’a parfois dégoûtée/déroutée. J’ai aimé le voir évoluer, dans le bon comme dans le mauvais. Non, ce n’est pas un personnage tout blanc ni tout noir et c’est la force de ce roman. En étant dans sa tête et en suivant ses pensées, on découvre tout le lavage de cerveau qu’ont pratique les nazis sur de jeunes enfants.

C’est un roman à ne pas faire lire avant 15 ans, c’est souvent cruel et violent. Mais c’est un roman nécessaire pour la jeune génération.

La chronique de Maghily m’avait convaincue de le lire et ma patience a été récompensée!

– Max de Sarah Cohen-Scali,  Edition Scripto, 2012,  480 pages. – 

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8 réflexions sur “ Max– Sarah Cohen-Scali 

  1. maghily dit :

    Haaaa, je suis contente qu’il t’ait plu ! 🙂

    C’est vraiment une lecture particulière, déroutante… et même après l’avoir lue, j’ai toujours autant de mal à me dire que que ce programme a pu exister.

    Aimé par 1 personne

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