Otages Intimes – Jeanne Benameur 

Puisqu’il faut continuer… J’ai hésité à écrire et à publier ce billet mais je suis convaincue qu’il le faut. Bonne journée à tous.


 

Benameur

Résumé: Photographe de guerre, Étienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril.
De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre depuis lequel il pourrait reprendre langue avec le monde

Les premiers mots:

Il était une fois, il était mille et mille fois, un homme arraché à la vie par d’autres hommes.
Et il y a cette fois et c’est cet homme-là.

Il a de la chance. Il est vivant. Il rentre. Deux mots qui battent dans ses veines. Je rentre.

Encore une écriture qui m’a fait chavirer. Une écrivaine dont j’avais lu « Le Ramadan de la Parole », publié aux Editions Acte Sud Junior et qui m’avait beaucoup plu. Ensuite, je n’ai plus rien lu d’elle et je la retrouve avec ce livre « Otages Intimes ».

Il s’agit de l’histoire d’Etienne. Il revient dans son village après avoir été otage. On ne sait combien de temps, on ne sait où.  Mais ce n’est pas important. Ce qui importe, c’est la capacité de cet homme à revenir à la vie. Et ce sont aussi les personnages qui gravitent autour de lui : sa mère, Enzo et Jofranka, ses deux amis d’enfance de son village qu’il va retrouver.

Jeanne Benameur décrit avec perfection les sentiments mêlés / emmêlés d’Etienne. Sa vie c’était son métier de photographe de guerre. Que faire maintenant? De retour dans son village, que reste-t-il à l’homme qu’il a été?

Alors, il lui reste sa mère. Elle a vécu deux attentes: celle de son mari, parti en mer et jamais revenu et puis l’attente de ce fils pris en otage.

Elle tient dans la conviction qu’elle n’a pas laché depuis tous ces mois: elle le reverra, vivant et elle, encore vivante. C’est comme ça.  Et c’est comme ça qu’elle a tenu tous ces mois, loin des caméras et des interviews. Personne n’a réussi  à forcer sa porte ni son silence.

 Il lui reste Enzo. Son ami italien, resté au village, pour travailler le bois et continuer à jouer du violoncelle.

Imaginer sa vie ailleurs, sans l’odeur de son atelier, de sa maison et des bois sur les collines, c’était impossible

Il lui reste Jofranka. Son amie, avocate à la Haye, qui défend les femmes qui ont vécu l’horreur des crimes de guerre.

Elle attend une femme qu’il va falloir convaincre de témoigner. Une de ces femmes que l’horreur a saisie pendant la guerre, dans sa chair. La paix ne restitue rien de la chair, rien.

Cette chronique ne pourrait se faire qu’en citations tellement les mots de Jeanne Benameur sont justes.

Pour vous convaincre de lire ce livre, j’ajouterai que ce livre nous fait réfléchir sur notre part d’otage : qu’est-ce qui nous retient ici, qu’est-ce que nous cherchons là-bas.

Je terminerai par celle-ci:

On croit avoir trouvé la paix mais la vie est inventive. Elle revient déranger tout notre petit monde paisible. Et il faut bouger.

C’est un billet court mais les mots me manquent aujourd’hui. On se retrouve dimanche, en forme, avec une bande dessinée.

 – Otages Intimes de Jeanne Benameur. Acte Sud, 2015 208 pages. – 

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2 réflexions sur “ Otages Intimes – Jeanne Benameur 

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