Juste avant le bonheur – Agnès Ledig

agnes ledig

Résumé: Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ?

Les premiers mots:

Elle en a vu d’autres, Julie.
Elle aurait pu s’opposer, prendre le risque, perdre son travail, mais garder sa dignité.
Quelle dignité?
Ça fait belle lurette que ce petit bout de femme l’a perdue. Quand c’est une question de survie, on range au placard les grands idéaux qu’on s’était fabriqués gamine. Et on encaisse, on se tait, on laisse dire, on subit.

Après le bouleversant Kinderzimmer, j’avais besoin d’un livre léger, sans prise de tête. Mais il faut que je me rende à l’évidence: les livres légers ne sont pas pour moi. Ça m’ennuie, je ne ressens rien et le livre me tombe souvent des mains. Je pense à « Demain est un autre jour » (bon j’avoue, sur le moment, ce livre m’a plu, mais comme le personnage je changeais de boulot et je me suis un peu identifiée) et aussi à « La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel »…trop de douceur, pas assez vrai. Pour ma part, un bouquin doit vous transporter, vous faire frissonner, vous faire rire, pleurer…la vie quoi!

Mais j’ai quand même lu et fini (oui…) « Juste après le bonheur« . J’aurais dû m’en douter: en parcourant le résumé, j’ai dit tout haut (et j’ai des témoins!) que ce livre allait être c** (excusez-moi du terme…) Je partais déjà avec des a priori gros comme des camions qui finalement se sont relevés justes. (Comme quoi, l’intuition féminine, c’est pas des cacahuètes!).

Bon et sinon ça parle de quoi ce bouquin?

On suit Julie, qui on peut le dire, n’a pas eu de fées qui se sont bercées sur son berceau! (Ce n’est pas de moi, c’est du personnage.) C’est une jeune mère célibataire qui travaille comme caissière sous les ordres d’un sale type.

Et puis, un jour, arrive Paul, sous ses grands airs de Monsieur-veut-sauver-le-monde-car-il-n’-a-plus-personne… On signalera que Paul est plus âgé que notre petite Julie. Il voit en Julie, un être en souffrance qui n’aurait besoin que d’une épaule sur laquelle s’épancher. Et pour lui permettre de le faire, ce gentleman lui offre des vacances en Bretagne. J’ai envie de dire WTF? (Oui après quelques articles, je lâche ma vraie nature!)

Le fils de Paul, Jérôme, est aussi du voyage. Lui aussi traîne une triste histoire. Donc l’équipe de bras-cassés s’en va pour la Bretagne, la mer et tout le tralala.
Pendant ce voyage, comme par magie, Julie va retrouver une raison de vivre, Jérôme le sourire, Lulu (le fils de Julie) découvre la mer, et Paul est fier de lui. Tout est servi avec beaucoup trop de phrases tirées de magazines de psychologie, ça en devient écœurant. Voyez plutôt:

 » Ne cherchez pas à vouloir atteindre un bonheur parfait, mais contentez-vous des petites choses de la vie, qui, mises bout à bout, permettent de tenir la distance. »

« Julie finit par lui prendre la main entre les deux siennes en disant à voix basse:
– Parfois, c’est dur la vie, et parfois, on n’y peut rien. »

(Et j’en passe.)

Ensuite, c’est le drame, (non je ne vous le dévoilerai pas). Et là, où j’aurai pu être touchée, j’y suis restée insensible… (oh la sans-cœur que je suis!) Encore une fois, c’est le festival des phrases qui se veulent réconfortantes, c’est l’improbabilité de certaines scènes, tout est trop…gnangnan.

Quant au style, je ne l’ai pas trouvé assez fin. Des dialogues sur toute une page, des descriptions d’émotions sans fin, du blabla inutile…qui peuvent écœurer.

Je me suis renseignée sur l’auteure et j’ai lu qu’elle avait vécu un drame ressemblant à celui de Julie. Je peux alors comprendre qu’elle ait dû trouver un exutoire pour sa peine mais désolée, la sauce n’a pas pris. Et à lire certains commentaires (allez faire un tour sur Babelio, apparemment je ne suis pas la seule, heureusement!

Vous avez envie de tenter cette lecture? 

Ce livre rentre dans la catégorie « Un livre que « tout le monde » a lu «   du Challenge littéraire 2016 de Mille vies en une.

   – Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig. Albin Michel, 2013. 352 pages. – 

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5 réflexions sur “Juste avant le bonheur – Agnès Ledig

  1. maghily dit :

    Là c’est bon, tu m’as coupé toute éventuelle envie restante de me lancer dans ce roman ! 😉

    J’ai souvent du mal avec les livres guimauves qui ont pas mal de succès : le dernier du genre que j’ai lu, c’était Les gens heureux lisent et boivent du café. Il était court, donc je l’ai lu très vite, mais j’ai toujours l’impression qu’on se moque un peu de moi avec ce genre d’histoires hyper téléphonées.

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    • lespagesversicolores dit :

      J’ai bien rempli mon job alors!

      Je ne suis pas contre un livre comme ça de temps en temps mais ce qui m’énerve c’est ce que tu soulignes: abattage commercial autour de ces livres, personnellement ça ne me donne pas envie, il doit avoir un truc pas net derrière 😀

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    • lespagesversicolores dit :

      J’ai voulu etre franche ;-).
      Il est dans la wish-list de beaucoup de personnes apparement parce qu’il a fait beaucoup de bruit… Après il peut plaire à certaines personnes, je pense à celles qui aiment Anna Gavalda et autres, mais j’en ai assez lu des livres comme ca, je prefere des romans plus percutants… 🙂
      A une prochaine sur le blog!

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